Etude : Les fonctionnaires sont plus fidèles que les employés du secteur privé

« Chérie, j’ai une réunion importante ce soir, je rentrerai tard, ne m’attends pas » : Utilisée chaque jour par des milliers d’infidèles du privé en France, voilà une excuse certes banale mais redoutablement efficace… excepté pour les fonctionnaires ! C’est en tout cas ce que révèle une étude publiée ce mercredi, qui démontre que la fidélité plus élevée des fonctionnaires par rapport à leurs homologues du privé s’explique principalement par un manque d’alibis crédibles liés aux obligations professionnelles.

« Une infidélité réussie nécessite de bons alibis, et les meilleurs sont professionnels »

Céline Branly, auteure principale de la publication et chargée de recherche au département Sociologie Appliquée de l’Université de La Rochelle, a collecté les données nécessaires pendant deux ans : statistiques de divorces, catégories socio-professionnelles, horaires moyens de travail selon les professions, nombre de réunions, de déplacements professionnels, etc. Avec son équipe, elle a ensuite « fait parler les chiffres» et leurs découvertes interpellent.

L’alibi numéro 1 chez les fonctionnaires : « Une manif’ qui finit tard »

« Dans 90% des cas, les infidélités naissent dans le milieu professionnel mais elles ne peuvent survivre et se développer que si ce milieu est favorable. Or le milieu de la fonction publique est le plus défavorable : les horaires fixes et très réduits rendent tout écart immédiatement suspect » explique la scientifique, elle même fonctionnaire, avant de poursuivre avec un exemple « Imaginez donc une institutrice qui rentrerait chez elle à 19 heures, comment pourrait-elle justifier cette anomalie par une raison professionnelle crédible ? ».

L’étude nous apprend ainsi qu’à 50 ans, un cadre du privé a commis en moyenne 2,8 infidélités, avec comme alibi le plus fréquent « une réunion qui finit tard », suivi par « un déplacement professionnel ». Au même âge, un fonctionnaire de catégorie B n’aura commis que 0,3 infidélité, avec comme alibi le plus fréquemment avancé « une manifestation qui finit tard ».

Autre découverte de l’étude : la fidélité élevée des fonctionnaires masculins serait également liée à une libido «affaiblie et anémique ». « La compétition acharnée, la lutte pour le pouvoir, les conflits, les grosses responsabilités : ces caractéristiques masculinisantes typiques du privé sont absentes du monde doux et protégé des fonctionnaires, dont émerge au final un mâle à la virilité atrophié et à l’impuissance latente, ayant perdu toute ardeur et convoitise envers le sexe opposé » résume la chercheuse.

L’intégralité des résultats de cette étude sera publiée dans l’édition de novembre de la revue “The Social Sciences Journal”.