Hériterez-vous de la fortune du docteur V. ?

DIJON, COTE D’OR – Célibataire, sans enfants ni famille connue, un riche docteur Dijonnais décédé en mai dernier pose un casse-tête juridique hors du commun. Sans héritier identifié, le patrimoine du médecin ira à la personne désignée dans son testament manuscrit, dont le nom est pratiquement illisible.

Six mois : c’est le délai légal applicable dans ce cas entre le décès et le versement du patrimoine aux héritiers de droit ou désignés par le défunt. Habituellement ce semestre est bien suffisant pour identifier les ayant-droit et appliquer le processus administratif de transmission des biens. Dans le cas du docteur V., il s’agit d’une véritable course contre la montre.

Le problème ? Le testament du docteur, seule pièce permettant de désigner officiellement des héritiers, est quasiment illisible. Maître Froissart, notaire du médecin, a pourtant fait appel aux graphologues les plus réputés. Mais le document manuscrit de deux pages résiste aux scrutations des experts : “Après 3 semaines de travail acharné nous n’avons décrypté que 35% du testament et le pire c’est que les pourcents restants sont encore plus cryptiques” explique Pietro San Serif, expert Graphologue de la Police Scientifique Dijonnaise – “Nous avons des bribes de phrases et nous pourrions nous essayer à les compléter mais le résultat n’aurait aucune valeur légale” précise le policier.

L’analyse partielle du texte fait émerger certains thèmes récurrents tels que Madame Besson, la dernière assistante du docteur.

Mais c’est surtout le dernier paragraphe qui intéresse Pietro et son équipe. Ces dernières phrases feront, dans quelques semaines, la fortune d’un individu qui aura eu la chance de posséder la bonne combinaison de lettres dans son nom et son prénom. La phrase finale, que nous avons pu nous procurer, ressemble, au stade actuel de décryptage, à ceci :

“Fin-l(i ?)-e(m ?)t –r-n–t ma f—tu(v ?)n-e- -*– –éc(o ?)i-é de t–ut d-*-e– à M—–l R–i— q(p ?)– a t-u+–j-u(v ?)-s é–é u(v ?)- -*–m– p-*+- m-i.”

D’après l’équipe de graphologue, cette phrase est la clef de l’énigme : “Nous avons acquis la quasi-certitude que le docteur voulait transmettre l’intégralité de sa fortune à une personne, cette mystérieuse personne dont le prénom commence par un ‘m’ et finit par un ‘l’ et le nom de famille commence par un ‘r’ et contient un ‘i'” affirme un des scientifiques du département.

« Dans quelques mois je choisirai moi-même l’héritier » annonce MFroissart – « Si d’ici là ni les graphologues, ni les pharmaciens auxquels je compte faire appel en dernier recours, n’ont déchiffré complètement le nom j’irai au plus proche, ce sera peut-être la mauvaise personne, mais que voulez-vous, il faut bien que cet argent aille quelque part». Serez-vous l’heureu(se) élu(e) ? Si votre nom ressemble à M…L R…i…. guettez le courrier estampillé Dijon dans votre boite aux lettres.