Jura : Incendie à la scierie « Bachard & Lassade », la piste Kurde privilégiée

CHAMPAGNOLE, JURA – Tout est parti d’un banal quiproquo homonymique. Lorsque Michel Bachard et Raymond Lassade fondent leur entreprise de sciage de bois en 1987,  le désormais célèbre président Syrien n’est pas encore connu du grand public. C’est lorsqu’il accède à la présidence en juillet 2000, que les événements prennent progressivement une tournure funeste, aboutissant à l’incendie criminel qui a ravagé la scierie ce lundi. Récit.

Michel Bachard n’en revient toujours pas. Contemplant les débris calcinés de la scierie Jurassienne, il blâme les pouvoirs publics, en particulier la mairie de Champagnole, d’avoir laissé s’installer un camp de réfugiés Kurdes dans la forêt avoisinante. Selon lui, ce sont eux qui, vexés de se voir refuser l’accès du parc à sciage (un grand entrepôt abritant des planches) durant l’hiver, y ont mis le feu, qui aidé par le vent se propagera à toute la scierie.

« Ils traînaient au nord-est de la scierie depuis début 2012 » se souvient Michel « Quand Raymond et moi avons eu une petite discorde interne, ils en ont profité pour annexer le hangar à lames, situé tout au nord, mais à mon avis, c’est toute la scierie qu’ils voulaient ». C’est finalement la gendarmerie qui délogera les quelques 40 réfugiés Kurdes installés dans l’entrepôt.

Si à l’écrit “Scierie Bachard & Lassade” ne pourrait porter à confusion, il n’en est pas de même à l’oral. C’est sur cette constatation que repose la théorie de Raymond Lassade : « Ils savent pas lire ces gens là, ils ont dû croire qu’on était de mèche avec la Syrie, le pays quoi. Ils devaient nous entendre parler mais pour eux c’était de la langue de bois, ils ont compris que ce qui les intéressaient” analyse-t-il.

Pour le docteur  Louis Damasse, ami des deux scieurs résidant à Champagnole, il ne s’agit que d’une coïncidence : « Je viens souvent voir Madame Lassade, je lui fais suivre mon régime, très connu dans la région (*). J’ai par conséquent aperçu ces hommes et femmes, errer aux alentours de la scierie. A mon avis ils cherchaient juste un abri, ou du travail ». Un avis que Raymond Lassade ne partage pas : « Du travail ? J’en donne du travail moi, il n’y a qu’à demander au lieu de tout brûler. Je fais déjà scier tous les jeunes de la ville, pourquoi je ferai pas pareil pour des réfugiés ? »