Il séchait son sexe dans le « Dyson Airblade » des toilettes handicapés

C’est une drôle d’habitude qui a bien failli lui coûter son poste. Un cadre dirigeant d’une société d’investissement parisienne utilisait quotidiennement le sèche-mains des toilettes handicapés de son entreprise d’une manière peu conventionnelle. Si une majorité d’employés était au courant de cette pratique, il aura fallu attendre une dénonciation anonyme pour y mettre un terme. Reportage.

Un manager tyrannique craint de tous

Le rituel était invariablement le même. Henry T., co-fondateur et directeur du pôle Orientation & Stratégie de la société Gronosis Asset Management, se rendait régulièrement dans les toilettes du deuxième étage où, après avoir utilisé l’un des quatre urinoirs, il s’employait à “sécher la dernière goutte” en plaçant ses parties génitales dans le puissant sèche-mains des toilettes handicapés; Laissant la porte ouverte et son sexe à l’air pendant les quelques mètres du trajet.

Confondu par un membre du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de l’entreprise qui l’a filmé en caméra cachée, l’homme a été contraint de mettre fin à sa « petite habitude » qui enfreignait plusieurs articles du Code du Travail. De plus, l’investisseur de 54 ans a été sommé de prendre en charge financièrement, à titre personnel, les frais d’installation de deux sèche-mains neufs, l’un pour les toilettes handicapés, l’un pour son usage personnel.

« Je me suis séché les mains là-dedans pendant des semaines »

Si les choses semblent être rentrées dans l’ordre, il n’en demeure pas moins un certain malaise au sein de l’entreprise, un sentiment d’une justice à deux vitesses. « Si c’est moi qui avait fait ça, on m’aurait viré direct » témoigne un stagiaire en allocations d’actifs « On sait tous que c’est le gros kiff de mettre son machin dans un Dyson, j’ai essayé comme beaucoup, mais franchement, on fait pas ça devant tout le monde, ça se fait pas ».

« Déjà, qu’il se gare constamment à ma place, j’appréciais pas trop mais je disais rien » confie l’un des trois employés à motricité réduite de la société, qui a souhaité rester anonyme – « Mais là, c’est la goutte de trop. Rien que d’imaginer que je me suis séché les mains là-dedans pendant des semaines, peut-être bien des mois, j’ai envie de vomir ».

« Chez eux, les sèche-mains sont plus bas »…

Le dirigeant incriminé s’est excusé, via une (courte) note de service, à l’ensemble des 73 employés de l’entreprise : « Je prie l’ensemble du personnel de bien vouloir m’excuser. Je n’ai bien entendu rien contre nos collaborateurs handicapés. Il se trouve simplement que les dispositifs de séchage sont fixés plus bas chez eux. Je souhaite que nous reprenions tous le travail le plus vite possible et traitions cette affaire comme l’anecdote qu’elle est, l’une de celle qui forme une culture d’entreprise et nous fera sourire dans quelques mois ».