Il voulait devenir dermato : sa mère l’inscrit à Sciences Po

Voilà une méprise qui prêterait à sourire si elle n’était pas à l’origine d’un véritable drame familial. Été 2013, Dylan Perlèche est à Dublin où il peaufine son anglais et gagne un peu d’argent de poche pour sa première année universitaire. Loin et très occupé, le bachelier de 18 ans confie à sa mère la tâche de l’inscrire en faculté de médecine pour la rentrée. Son rêve : devenir dermatologue.

Voulant « ce qu’il y a de mieux » pour son fils, Brigitte Perlèche décide d’inscrire ce dernier à Sciences Po Bordeaux, un établissement qu’elle sait reconnu pour son excellence. Ignorant les avertissements de Kenza, la petite sœur de Dylan, qui tente de convaincre ses parents qu’ils font erreur, Monique envoie le dossier de candidature, qui sera accepté quelques semaines plus tard.

Frais d’inscription de 6300€, location d’un appartement, achat d’un véhicule : toutes les économies de la famille passent dans les études de Dylan. Quand ce dernier revient de son voyage en Irlande, sa famille lui apprend la bonne nouvelle. Seulement voilà, Dylan, tout comme ses parents, ne sait pas que “Science Po” ne fait pas, du tout, dans la dermatologie.

« Mais c’est pas du tout mon kiff, moi, la politique ! »

Ce n’est que quelques jours après sa rentrée que Dylan Perlèche prend vraiment conscience de la situation : « J’étais chez moi, j’avais ramené une meuf sympa de la fac, on discutait, normal quoi… et puis elle a demandé qu’est ce que je voulais me spécialiser après la fac. Je lui ai dit que moi mon kiff c’est les maladies tropicales, les insectes qui pondent sous la peau, les morsures de serpents et tout ça. Elle a dit “Mais pourquoi tu fais Sciences Po alors ?” et moi j’ai répondu “Ben allô quoi !” ».

« C’est sûr, Dylan n’a pas eu de pot d’être aussi mal orienté »

Aujourd’hui, Dylan continue à contrecœur ses études de politique. Une association d’étudiant (« Bien dans sa Po ») l’aide à s’intégrer, à rentrer dans la peau d’un véritable aspirant politologue : « C’est sûr, Dylan n’a pas eu de pot d’être aussi mal orienté… Mais c’est un garçon qui a la peau dure, il s’accrochera. De toutes façons il n’a pas le choix, ses études coûtent la peau des fesses et sa famille a tout investi sur lui » assure Giuseppe Podane, le président de l’association.

Mais au fait, qu’en pense le principal intéressé : Dylan ?

« Ma mère a jamais voulu que je deviens dermato. C’est sûr elle a fait exprès. C’est pas mon kiff moi la politique. J’ai des cours genre “histoire du droit constitutionnel”, C’est juste l’enfer ! Je lui en veux grave.. J’vous jure un de ces jours j’aurai sa peau ».