Ils portent (presque) des noms de stars

Danièle Crègues et Arlette Johansson sont deux amies, unies par un lien bien particulier : elles ont presque un nom de star et cela leur gâche la vie. Moqueries permanentes, blagues téléphoniques intempestives, humiliations publiques, tel était le quotidien d’Arlette et  Danièle. Alors les deux copines ont créé un “club”, un havre de paix où les personnes atteintes de cette “malédiction” peuvent, une fois par semaine, partager une activité sans crainte ni jugement.

Arlette Johansson  travaille au guichet d’une banque et porte un badge (obligatoire) où sont mentionnés son nom et son prénom – “Tous les jours c’est la même chose, j’ai droit à des sourires moqueurs, j’entends des réflexion comme “ah je la croyais plus jolie”, il y a même une fois un client qui m’a parlé anglais et quand il a vu que je comprenais rien, il m’a demandé si j’étais perdue en traduction” se souvient Arlette, au bord des larmes.

Dans notre club” explique Danièle Crègues, “on recrute que des gens comme nous, on se serre les coudes, on se remonte le moral mutuellement !”. Le “club”, comme elles l’appellent, vient tout juste de recruter Maurice Cheuque – “Maurice a beaucoup souffert, il nous a rejoint suite à un incident traumatisant qui lui est arrivé au centre des impôts. On l’a appelé au haut-parleur, par son nom puis son prénom, et là tout le monde s’est moqué de lui. Les gens disait que ce n’est pas lui qui payait des impôts mais que c’était les impôts qui le payaient… ou quelque chose comme ça… Il lui faudra du temps pour oublier en tout cas” raconte Danièle qui n’a pas encore eu le temps de pleinement comprendre le cas de Maurice.

Comptant déjà une quinzaine d’inscrits, le club ne cesse de s’agrandir. Hervé Quételle, chargé du recrutement des futurs membres s’en réjouit : “Quand j’ai rejoint le club, nous étions 4, il n’y avait que les deux fondatrices, Joe et moi [Joe Nideppe, NDLR]. Et là, rien que la semaine prochaine, nous auront deux petites nouvelles, des jeunes en plus : Lydie Gragât et Léa Téoni, une jeune fille que tout le monde traite de dyslexique”.

Le “club”, situé physiquement en région parisienne, n’a aucune vitrine publique. Ce sont les membres actuels qui recherchent activement les futures membres et prennent contact. Rémi Sterti se souviendra longtemps de ce dimanche de novembre où “le club” l’a contacté par téléphone – “Quand la jeune fille que j’avais au bout du fil s’est présentée, j’ai compris qu’on avait un point commun, elle s’appelait Sandra Boulloque et m’a tout de suite parlé du club… Une semaine plus tard, j’étais accueilli là-bas par Sandra et Ginette Paltreaud, qui bossait à l’accueil à l’époque”.  C’est justement à cette époque que Rémi rencontrera MorganeFrimanne, qui devient bientôt Morgane Sterti, sa femme, ce qui par ailleurs lui fermera à jamais les portes du “club”.