L’Algérie, championne de l’accessibilité

L’Algérie est en passe de devenir un modèle mondial en terme d’accessibilité et d’insertion des travailleurs handicapés dans le tissu économique local. Alors que dans de trop nombreux pays existent encore ces “escaliers de verre” qui interdisent sournoisement aux handicapés l’accès aux postes les plus élevés de la hiérarchie, l’Algérie fait figure de pionnière en instaurant le système du « coup de pouce solidaire ».

« Pour aider un travailleur handicapé à accéder au poste à responsabilité qu’il mérite, il faut savoir bousculer les habitudes établies, quitte à parfois contourner le système si nécessaire » déclarait ce représentant du gouvernement en charge de l’intégration. Le « Coup de pouce solidaire » est un système mis en place ces dernières semaines pour favoriser l’accession à certains postes habituellement réservés aux valides.

Les détracteurs du « coup de pouce solidaire » dénoncent un système à deux vitesses, privilégiant certains types de handicaps au détriment d’autres, pourtant plus communs. « Je veux bien qu’on aide les attardés mentaux à accéder à l’emploi, mais pourquoi leur réserver toutes les places dans la police ? » constate Bassim, qui malgré avoir brillamment réussi tous ses concours ne parvient toujours pas à se faire embaucher dans cette profession.

Même constat pour Zakaria, dont le rêve de travailler dans un bureau de vote peine toujours à se réaliser. « Ils ne prennent que des aveugles ! Je fais quoi moi, je me crève les yeux ? » lançait, dépité, l’ingénieur de 29 ans.

L’insertion des travailleurs handicapés en Algérie irait beaucoup trop loin selon certains observateurs. Police, armée, équipe nationale de football, voire gouvernement : de plus en plus de poste clefs leur seraient réservés. « La solidarité c’est sympa, mais il y a des limites tout de même, non ? » concluait Zakaria avant d’être frappé par un policier amnésique qui demain aura oublié l’avoir fait.