Les nouveaux radars détecteront votre intention de rouler trop vite

C’est l’intention qui compte. Le ministère de l’intérieur vient d’annoncer les caractéristiques de sa prochaine génération de radars, dits « biométriques », dont le déploiement est prévu début 2015. La nouveauté principale de ces appareils ? Ils ne mesureront pas la vitesse de votre véhicule mais votre intention de dépasser la vitesse autorisée. Décryptage.

Gendarmes et automobilistes ont toujours joué au chat et à la souris. Nouveau radar ? Nouvelle parade. Et des parades, les conducteurs en ont toujours trouvées : des appels de phares au détecteurs de radars, en passant par l’application collaborative sur smartphone ou le simple “coup de frein” de dernière seconde, la panoplie est vaste. Mais cette fois ci, le gouvernement semble avoir trouvé l’arme ultime en matière de contrôle automatique.

Grâce à un capteur biométrique à très haute définition, ce radar de science fiction sera capable de lire sur le visage du conducteur tout une palette très fine d’émotions, telles que la culpabilité, la défiance, la peur ou le mépris. Les traits du conducteur seront ainsi décryptés, le classant automatiquement dans une des catégories suivantes :

  1. “Serein” (aucune mesure particulière n’est à prendre)
  2. “Inapte” (le visage du conducteur évoque l’incapacité de contrôler son véhicule : une alerte est envoyée aux gendarmes environnants)
  3. “Indéterminé” (le radar n’a pu interpréter l’expression du visage du conducteur)
  4. “Suspect” (une alerte est envoyée automatiquement à tous les radars en aval : véhicule sous surveillance)
  5. “Coupable” (le conducteur a, ou va commettre une infraction : une alerte est envoyée aux gendarmes environnants)
  6. “Saoul” (le conducteur semble ivre : une demande de contrôle d’alcoolémie est envoyée)
  7. “Recherché” (le visage du conducteur est connu des services de police)

Du côté des automobilistes, la nouvelle fait l’effet d’une bombe. Pour Yves Chambont, président de l’Association des Automobilistes de l’Ouest, la répression vient de franchir un nouveau cap, inacceptable : « C’est une intrusion dans la vie privée. Qui voudrait se sentir observé par un radar ? Il faudra se forcer à sourire au volant pour ne pas éveiller les soupçons ? C’est ça ? Quoi qu’il arrive, sachez que nous ferons tout pour faire interdire cet appareil » s’indignait-il, avant de conclure : « Mais je conseille aux automobilistes de s’inscrire dès aujoud’hui à un cours de théâtre ».