« Musique du monde » par les Majors mondiales

Conséquence indirecte du déclin des économies occidentales, la production musicale française, jusqu’alors reconnue comme « mainstream » par l’industrie musicale mondiale, sera dorénavant classifiée en « world music ». Les répercussions d’un tel déclassement, associé à la perte de visibilité et de crédibilité qui l’accompagnent, risquent d’être désastreuses pour une industrie déjà en perte de vitesse.

Chaque année au mois d’octobre se réunissent à Londres les acteurs les plus influents de la scène musicale mondiale : majors, labels, distributeurs ainsi que quelques artistes triés sur le volet. Au cours de ce rassemblement, nommé le « Mulom » (“Music Leaders Orientation Meeting”), sont discutées les grandes orientations et politiques pour l’année à venir.

Selon plusieurs sources londoniennes, le Mulom 2014 qui s’est achevé dimanche a vu des débats extrêmement houleux entre des représentants de la musique occidentale et des leaders de l’industrie musicale asiatique (Inde, Chine et Vietnam en tête). Furieux de se voir systématiquement relégués dans le classement peu glorieux de “Musiques du Monde”, les représentants auraient, toujours d’après nos sources, finalement obtenu gain de cause : la musique indienne, chinoise et vietnamienne serait désormais reconnue mondialement comme étant “Mainstream”. A l’opposé, la musique française, italienne et espagnole fait désormais partie des “Musiques du monde”, comme la musique africaine, grecque ou portugaise qui y figurait déjà. Parmi les raisons évoquée, le fait que « Ces pays européens sont maintenant économiquement inférieurs, la visibilité de leur musique doit suivre ».

Même si la nouvelle n’est pas encore officielle, la colère est déjà vive dans le milieu de la chanson française. Interrogé à la sortie du Mulom-2014, un producteur français qui a souhaité rester anonyme confiait à nos confrères anglais de « Q Magazine » : « Je suis profondément choqué par cette décision. Cela signifie tout simplement que partout dans le monde, y compris en France, d’immenses artistes comme Vincent Niclo, Danny Brillant ou Hélène Ségara vont se retrouver dans les mêmes bacs que tam-tams, djembé et autres musiques de sauvages ».