Peu rentable, l’autoroute A7 sera délocalisée en Roumanie

Bucarest, Roumanie – La société Autoroutes du Sud de la France (ASF) vient d’annoncer sa décision de relocaliser son autoroute A7, la fameuse « autoroute du soleil », sur les bords de la mer Noire en Roumanie. Découpée en rubans de 15 mètres de large puis transportée par convois spéciaux, l’autoroute sera reconstituée à l’identique, tracé compris, ce qui pose d’ores et déjà de gros problèmes techniques et éthiques.

Reliant presque Constanța, une citée portuaire située à 200 kilomètres à l’est de Bucarest, à Bacău, une ville aux pieds des Carpates, l’autoroute permettra d’effectuer le trajet en moins de 3 heures, ce qui constitue un gain de temps substantiel par rapport au 17 heures nécessaires aujourd’hui. Si l’autoroute ne répond pas vraiment à un impératif économique existant (on estime à 150 le nombre de personnes effectuant ce trajet chaque année), c’est pourtant le meilleur emplacement qui a été trouvé pour poser l’A7.

« Il fallait au minimum que le début et la fin de l’autoroute tombent sur des villes, ou du moins des régions un peu peuplées » explique Ion Irimescu, l’ingénieur de l’ASF en charge du choix du nouvel emplacement roumain de l’autoroute – « Par contre, il fallait éviter que l’autoroute traverse trop de villes, de montagnes ou de lacs, sinon le coût des travaux serait vite devenu prohibitif, même en considérant le prix de la main d’oeuvre bien moindre par rapport à la France » précise l’ingénieur, dont le choix de l’emplacement imposera dans quelques mois de raser son village natal, où habite toujours sa famille.

«  […] moins cher d’adapter la Roumanie à l’autoroute plutôt que l’inverse »

En accord avec le gouvernement roumain, la société autoroutière a décidé de conserver tous les panneaux, toutes les sorties, les entrées et les péages à l’identique. Un choix qui n’est pas sans conséquences. « Nous avons déterminé qu’il était moins cher d’adapter la Roumanie à l’autoroute plutôt que l’inverse » indique Raymond Fourches, chargé des relations diplomatiques avec le gouvernement roumain.

C’est ainsi que, pour correspondre aux panneaux, la ville de Constanta sera renommée en Marseille et la ville de Bacău en Lyon. Pour correspondre parfaitement aux entrées et sorties de l’A7, de nouvelles villes seront construites en Roumanie : « Bollènû », « Montélimasti », « Vitrôllestï » et « Avignönescu ». De plus, 54 villes et villages existants seront quant à eux détruits, car malheureusement positionnés sur le tracé choisi.

Quant à l’espace gigantesque libéré en France par la disparition de l’autoroute A7, les pourparlers sont toujours en cours pour décider de son utilisation. Selon nos sources, trois projets auraient déjà été évoqués : un chemin de grande randonnée (le “GR7”), un lac artificiel très allongé (idéal pour la pratique des sports nautiques) et un “espace de stockage” pour camps de Roms. A l’heure où cet article est publié, c’est cette dernière idée qui semble faire l’unanimité.