Nantes : Un « mégot » de cigarette provoque une panne informatique géante

A chaque technologie ses dangers cachés. Un employé d’une entreprise Nantaise de Cloud Computing, ayant négligemment jeté les restes d’une cigarette électronique qu’il pensait vide, a provoqué un bug informatique massif détruisant la quasi-totalité des données d’un Datacenter. Les détails après l’illustration.

Vendredi, fin d’après-midi, c’est bientôt la fin d’une semaine très chargée pour Patrice technicien de surface à Cumulus Technologies. Excédé par le fait que l’atomiseur de sa cigarette électronique ne délivre plus suffisamment de vapeur nicotinée, Patrice jette l’objet au sol. D’après les premiers éléments de l’enquète, l’objet cylindrique aurait roulé sous un « rack » de serveurs (une étagère d’ordinateurs sans écrans; Ndlr).

Un concours de circonstance

La cigarette endommagée, qui présente désormais des connecteurs à l’air libre, se raccorde par hasard à un câble réseau RJ45 non sécurisé qui traîne sous l’armoire. L’aspiration générée par les circuits de refroidissement des serveurs simule l’aspiration d’un fumeur, ce qui active le circuit électronique de l’objet.

« La succession de messages électroniques envoyés par ce type de cigarette pour simuler une ‘taffe’ coïncide excatement avec l’ordre de remise à zéro totale de ces serveurs » explique Bastien Rissette, l’un des experts Datacenter dépêchés sur place. « Quand on est arrivés sur place, tout était déjà ravagé, c’est tout juste si on a pu sauver quelques giga-octets de données. » poursuit-il dépité. Le préjudice s’élève à plusieurs centaines de miliers d’euros pour la jeune pousse Nantaise, une perte que la police d’assurance aurait couverte si la cigarette n’avait pas été électronique.

Les e-cigarettes chinoises suspectées

D’après Marla Borough, journaliste scientifique au Huffington Post, les cigarettes électroniques chinoises seraient beaucoup plus dangereuses que leurs homologues européens. Dans un article publié la semaine dernière sur le site internet du Huffington, la journaliste explique : « Dans les cigarettes classiques chinoises, on retrouve souvent tout et n’importe quoi : sciure, brique, excrément, etc… C’est la même chose avec les cigarettes électroniques. Les ingénieurs chinois copient/collent des morceaux de programmes informatiques trouvés sur le web dans la mémoire interne des cigarettes, pour réduire les coûts. Lorsque ces programmes s’exécutent, nul ne peut prédire ce qu’il va se passer ».

Dans le même article, l’auteure explique en quoi il est dangereux de conduire avec une cigarette électronique : « Les cigarettes chinoises équipées du Bluetooth sont à proscrire au volant : elles peuvent, quand vous tirez dessus, émettre des séquences de commandes capables, potentiellement, de prendre le contrôle du système de navigation intégré (INS) du véhicule. Pour les modèles les plus puissants, elles peuvent même envoyer des ordres aux INS des véhicules avoisinants. On a retrouvé des fragments de codes de commandes de système ABS Volkswagen dans une cigarette, heureusement le code étant incomplet, il était inoffensif, mais on ne sait jamais ».

Combien faudra-t-il d’affaires comme celle-ci avant que les autorités françaises ne régulent le marché « fumeux » des appareils de substitution nicotinique ? Alors que des rumeurs de cigarettes électroniques Bluetooth se connectant aux ordinateurs et autres tablettes du fumeur pour envoyer des courriels non solicités se répandent sur les réseaux sociaux, la question reste posée.