La lèpre, une maladie qui ne cesse de perdurer

La lèpre, une maladie qui ne cesse de perdurer

Publié le : 02 novembre 20238 mins de lecture

Un nouveau cas de lèpre dans le monde toutes les deux minutes : contrairement aux idées reçues, cette maladie multiséculaire n’est pas éradiquée. L’Organisation mondiale de la santé : OMS, la lèpre n’était plus un problème de santé publique compte tenu de la réduction de la prévalence de la maladie, a dévoilé une stratégie mondiale de lutte contre la lèpre. Or plus de 210.000 nouveaux cas sont répertoriés cette année encore selon l’OMS, dont près de 20 % d’enfants de moins de 15 ans et 20 % à 30 % avec des infirmités lourdes. Découvrez, pourquoi ne voit-on pas la fin de la maladie : la lèpre ?

La lèpre, c’est un coup de semonce

Il y a quelques siècles seulement, la lèpre était encore très répandue en Europe. Mais aujourd’hui encore, le problème n’est pas résolu malgré les grands progrès de la médecine. La lèpre était endémique en Europe il y a plusieurs siècles. À cette époque, la maladie entrait presque quotidiennement dans notre réalité européenne et il n’y avait pas d’évasions mentales ni de barricades avant elle. Il n’y a pas si longtemps, le scientifique Armauer Hansen a pu prouver que l’origine de la lèpre était le mycobacterium leprae et non un châtiment de Dieu. C’est probablement la plus ancienne maladie de l’humanité qui vous tient encore occupés aujourd’hui.

La compétence immunitaire de l’individu et le tropisme de l’agent pathogène sont déterminants.

Aujourd’hui, la lèpre est plus répandue en Inde, en Indonésie et au Brésil. On sait pour l’instant que l’infection se fait probablement par les muqueuses du nez. Il s’agit d’une maladie faiblement contagieuse. Pour qu’une infection se produise, il faut une forte densité d’agents pathogènes et un contact durable. De plus, les patients touchés ne sont contagieux pour les autres personnes que dans certaines phases de la maladie. Dans la phase initiale de la maladie, dans laquelle, seul un œil entraîné peut reconnaître les signes d’infection, il n’y a pratiquement aucun risque d’infection. Les patients atteints de la lèpre sont les plus exposés au risque d’infection, car les infiltrats contiennent un grand nombre d’agents pathogènes.

Les macules hypopigmentées et déficientes sensorielles sont le premier signe morphologique

Mycobacterium leprae ne provoque le tableau clinique effrayant que chez 5 à 10 personnes infectées. Cela s’explique par la diversité génétique de l’organisme hôte et le tropisme de l’agent pathogène. Le diagnostic au stade précoce est souvent difficile, car il n’y a généralement que quelques macules hypopigmentées qui apparaissent. Si la thérapie est effectuée à ce stade initial, la maladie guérit sans conséquences. Les 90 personnes infectées restantes dans les zones endémiques présentent une évolution clinique inappropriée.

Un lion se regarde dans le miroir.

Selon l’efficacité et l’état du système immunitaire de l’individu infecté, la lèpre peut avoir différents visages. Tant que le système immunitaire peut se défendre, la lèpre sous sa forme tuberculeuse apparaît. Des plaques érythémateuses bien définies dominent son aspect. La situation est différente lorsque le front des cellules T devient faible. Ici, la lèpre montre son visage lépreux, qui a toujours semé la peur et la terreur parmi les gens. L’homme devient lion : le visage et les oreilles sont couverts de lèpre noueuse, de couleur brun-rougeâtre. Le visage humain ressemble à celui d’un lion, Facies leonina, en raison de l’effet de tapisserie de la lèpre. La bactérie ne se contente pas de voler le visage des personnes touchées, mais leur vole aussi la vue. Elle les laisse dans une sombre insensibilité.

L’atteinte nerveuse, qui entraîne une réduction de la thermo, mécanoréception et nociception, peut affecter les formes tuberculeuses et lépromateuses. La rigidité mimétique que l’infection laisse derrière elle rappelle une visite de Madame Tussauds. Dans la lèpre borderline, les caractéristiques des formes tuberculeuses et lépreuses se retrouvent ensemble. Il est présent chez la majorité des patients atteints d’une affection apparaissant au cours de l’intervention. Si la maladie se manifeste, elle s’installe chez la plupart des patients après le stade initial comme lèpre limite.

De pattes de souris et de tatous à neuf bandes

Depuis des milliers d’années, le mycobacterium leprae a montré à l’humanité que la taille n’a pas d’importance, 4-7µm suffisent pour détruire la vie. La tige têtue, qui ne peut être cultivée dans aucun milieu de culture, ne peut être cultivée que dans les pattes de souris et les tatous à neuf bandes. On dirait une relique d’une époque révolue, et pourtant le problème est plus actuel qu’il ne pourrait l’être.

Mission : impossible, arrêter la transmission

Comme dans Mission : impossible, tomber, à la place du personnage principal, les médecins sont dans une course contre la montre, parce que le temps qui s’écoule avant le diagnostic et la thérapie décide du degré d’invalidité des victimes. L’OMS s’est fixé comme objectif d’éliminer la lèpre au tournant du millénaire. Un objectif ambitieux, qui n’a malheureusement pas été atteint, mais il est préférable de se fixer des objectifs trop élevés, apparemment impossibles, et de créer un monde meilleur sur la voie de leur réalisation. C’était également le cas de l’OMS, depuis l’introduction de la polythérapie antibiotique, le monde est devenu bien meilleur. Le taux de nouveaux cas de handicaps de niveau 2 a été considérablement réduit. Néanmoins, le taux d’incidence élevé est resté mondial, de sorte qu’il faut vous demander pourquoi il en est ainsi et ce qu’on peut faire à l’avenir. La prochaine fois, il sera découvert, quels sont les facteurs qui font obstacle à l’OMS et pourquoi, ce sont précisément les enfants qui sont les plus touchés ?

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