Sur le point d’éternuer depuis 8 mois, il n’en peut plus et réclame l’euthanasie

TOURS, INDRE-ET-LOIRE – Sébastien, Tourangeau de 37 ans, vit un enfer. Bloqué dans une phase de pré-éternuement depuis de longs mois, il n’est plus capable de mener une vie normale. Ayant perdu son emploi puis sa compagne, il ne voit plus aucune raison de s’accrocher à la vie et réclame l’euthanasie. Reportage.

C’est lors d’un banal repas de famille dominical que la vie de Sébastien prend un triste tournant. Prenant la parole devant sa compagne, ses parents et beau-parents pour annoncer sa promotion, le commercial sent un éternuement monter. Debout devant sa famille, figé la bouche ouverte, les yeux mi-clos et un doigt sous son nez, il l’attend. Seulement voilà : non seulement l’éternuement n’arrive pas, mais la sensation et les symptômes du “pré-éternuement” restent. Au bout de plusieurs minutes, certains commencent à se poser des questions. Véronika, l’ex-compagne de Sébastien, a été la première a réagir «Au bout de 6 ou 7 minutes, j’ai cru à une blague, mais Sébastien n’a pas beaucoup d’humour, il est toujours sérieux à propos de tout. Je lui ai demandé si ça allait mais à part “aaaaahhh… aaaahhhh…” il ne disait rien d’autre ».

Le temps passe, sans que la situation de Sébastien ne s’améliore. Toujours sur le point d’éternuer, l’homme semble figé dans une situation d’urgence qui l’empêche de se concentrer sur quoi que ce soit. Sollicitée par la famille,la médecine n’a malheureusement aucune explication ni traitement. Pour le docteur Pierre-Louis Müller, chercheur en oto-rhino-laryngologie, il s’agit là du plus grand mystère de sa carrière : « Je n’ai jamais vu cela de toute ma vie, c’est aussi intéressant que malheureux. Nous avons tout essayé pour provoquer l’éternuement : poivre, lumière vive, courants d’air froids… tout ce que nous avons réussi à faire, me semble-t-il, c’est d’ajouter des éternuements en attente derrière celui-là.. ce qui n’a fait qu’empirer la situation ».

Ses capacités motrices et intellectuelles fortement réduites, Sébastien n’arrive pas à mettre lui-même fin à ses jours. Demandant régulièrement par écrit à ses proches de “l’aider à en finir”, ces derniers ne semblent pas enclins à considérer la requête. « Ça finira bien par sortir, ça finit toujours par sortir » déclarait avec sagesse la mère de Sébastien en lui essuyant la bouche.